04.05.2007
Faites Mentir les Sondages!
LORIENT, Morbihan (Reuters) - A deux jours du deuxième tour, Ségolène Royal appelle les électeurs à "rester debout" face au "matraquage" des sondages.
Lors d'une réunion publique survoltée à Lorient (Morbihan), la candidate socialiste s'est posée en rempart de la "morale publique" et de la "vérité" contre les "affabulations" et les "mensonges" de la droite.

"Il reste deux jours pour rester debout (...) pour saisir notre bulletin de vote (...) Dressez-vous contre tous les systèmes (...) contre tous les pouvoirs concentrés" entre les mains de quelques uns", a lancé la présidente de Poitou-Charentes devant près de 3.000 personnes.
"Dressez-vous pour une France forte (..) Dressez-vous pour la lumière! Refusez l'esprit de revanche, refusez tous les mensonges et toutes les haines! En avant! Nous pouvons gagner, nous allons gagner!", a-t-elle insisté au terme d'un discours pugnace d'une quarantaine de minutes pendant lequel elle martelait son pupitre de colère.
"J'ai commencé la campagne en Bretagne, je la termine ici en beauté", a-t-elle confié à ses partisans à quelques heures de la fin de la campagne officielle.
Accompagnée de Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne et de Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, la candidate de gauche devait visiter dans l'après-midi l'entreprise de textile Armor Lux à Quimper, avant une dernière réunion publique en plein air à Brest, en début de soirée.
Les derniers sondages publiés jeudi et vendredi, après le débat télévisé de mercredi, la donnent perdante face à son adversaire, avec un écart allant de six à neuf points.
A peine descendue de sa voiture, la présidente de Poitou-Charentes avait attaqué les "médias amis du pouvoir" et lancé un appel "à la citoyenneté, au sursaut, aux valeurs".
"Les sondages matraquent de telle façon à démobiliser les électeurs puisque jamais ils ne sont accompagnés de la précision sur le nombre d'indécis", a-t-elle accusé à l'entrée du Parc des sports de Kervaric.
Ceux qui hésitent encore, "qu'ils ouvrent les yeux!" pour "regarder ce qui se passe et faire en sorte que la moralité publique et que la volonté de renouveau l'emportent", a enjoint Ségolène Royal. "Je crois qu'aujourd'hui c'est (...) le combat de la vérité contre toutes les formes d'affabulations et de mensonges".
"C'est le combat des sans-vous (...) des gens qui aujourd'hui subissent la précarité et les bas salaires contre un candidat qui promet de donner encore davantage à ceux qui ont déjà beaucoup", a-t-elle attaqué.
Nicolas Sarkozy, "qui se voit en candidat du peuple, qu'il sache que c'est le peuple français qui va décider demain du visage de la France", a-t-elle insisté qualifiant son adversaire de "candidat des fonds de pension, candidat du Medef", soutenu par "Aznar, Bush et Berlusconi".
Dimanche, a-t-elle déclaré, les électeurs peuvent faire "le choix d'une France claire contre un candidat qui n'a cessé de flatter ce qu'il y a de plus sombre dans la personne humaine et qui n'a cessé d'attiser toute les formes de peur ou de revanche".
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14.04.2007
Démentis sur des sondages donnant Ségolène Royal éliminée
De son côté, le Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Po qui réalise régulièrement un "baromètre politique français" avec le ministère de l'Intérieur, a également démenti la rumeur selon laquelle il placerait Jean-Marie Le Pen en tête des intentions de vote.
"La rumeur persistante qui prête au Cevipof la réalisation d'une enquête selon laquelle Jean-Marie Le Pen aurait 20% d'intentions de vote, Nicolas Sarkozy 19%, Ségolène Royal 18%, et François Bayrou 11% n'a aucun fondement", écrit-il dans un communiqué.
"La dernière enquête du Cevipof a été réalisée du 5 au 19 février 2007 (4eme vague du baromètre politique français) et les intentions de vote recensées dans la perspective du premier tour de l'élection présidentielle étaient alors les suivantes: 31% pour Nicolas Sarkozy, 25% pour Ségolène Royal, 15% pour François Bayrou, 12% pour Jean-Marie Le Pen", ajoute-t-il.
Les RG avait auparavant réagi à un article publié par le Nouvel Observateur sur son site internet et faisant état d'une enquête "effectuée sur un échantillon de 15.000 personnes sur tout le territoire français."
"Depuis le 15 juillet 2004, nous n'avons plus le droit de nous livrer à des prévisions électorales", a-t-on déclaré à la Direction des RG. "Cet article n'a aucun fondement de vérité."
Selon le Nouvel observateur, une enquête a été pourtant effectuée dans le cadre des missions de prise de température de l'opinion sur des thèmes non politiques.
"Officiellement, les Renseignements Généraux ne font plus de sondages électoraux. Mais, ces dernières semaines, les RG régionaux ont eu pour consigne de faire remonter des informations sur le vote du premier tour", précise-t-il.
Il en ressortirait que ce sondage à grande échelle donne "Nicolas Sarkozy en tête, Ségolène Royal éliminée, et François Bayrou et Jean-Marie Le Pen au coude à coude, avec une 'conjoncture positive' pour ce dernier."
Pour l'hebdomadaire, une telle information "pourrait annoncer un deuxième tour entre Nicolas Sarkozy et le leader du Front National" et provoquer "une déflagration politique."
Selon une source proche des RG, en aucun cas ce service ne serait livré à une telle enquête, a fortiori sur 15.000 personnes, ce qui aurait exigé des moyens considérables.
En revanche, on n'exclut pas que le secrétariat général ou un autre service du ministère de l'Intérieur ait commandé une enquête d'opinion à un institut spécialisé, comme cela a été fait il y a quelques mois en liaison avec d'autres organismes.
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