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27.02.2007

L'élection dans le miroir aux sondages

Le yo-yo des enquêtes d'opinion sur les intentions de vote au premier tour accroît la suspicion depuis le 21 avril 2002.
Par Jean-Dominique MERCHET, Paul QUINIO

QUOTIDIEN LIBERATION: mardi 27 février 2007

Encore plus que les précédentes, la campagne présidentielle 2007 vit-elle au rythme des sondages ? Des sondages qui plus est contradictoires, qui jouent d'une semaine sur l'autre au saut à l'élastique, avivent les nerfs des candidats, agitent le microcosme politico-médiatique mais laissent sceptiques des Français qui gardent en souvenir l'élection de 2002. Avec son troisième homme, nommé Jean-Pierre Chevènement en début de campagne mais qui a fini bien bas le 21 avril. Et évidemment avec cette mauvaise surprise Le Pen que personne n'avait vu venir.


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Bref, l'heure du procès des instituts de sondage, en ce mois de février traditionnellement jugé décisif pour la cristallisation des votes, a-t-elle une nouvelle fois sonné ? La dernière critique en date étant que les sondés, plus malins qu'il n'y paraît, se jouent des instituts dans une ultime manifestation de la crise des élites et du déficit démocratique que traverse le pays. Autrement dit, l'absence de confiance dans le politique frapperait aussi les instituts de sondage en cette campagne fortement marquée par un climat populiste qui déborde des seules classes populaires. Comme si les sondés s'emparaient des sondages pour dire, aux sondeurs, aux candidats, aux médias, que ce sont eux qui commandent.
Stéphane Rozès, directeur de CSA, reconnaît que «la société va plus vite que les politiques et que les journalistes». Et qu'à «travers les sondages, le pays instrumentalise les politiques et les médias. Et ceux-ci se reposent sur la magie du chiffre face au désarroi qu'ils ressentent».
Selon Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion, «les sondages n'ont jamais tenu une aussi grande place dans une campagne. Les deux principaux candidats se sont d'ailleurs construits avec les sondages. Et, globalement, les politiques surréagissent aux chiffres de sondages, même si leurs conseillers sont capables d'en faire une lecture plus stratégique».
Brice Teinturier, de la Sofres, rigole, lui, à l'idée que «les Français essayeraient de manipuler les sondeurs. C'est un fantasme sur l'hyperrationalité du corps électoral». Ils ont, selon lui, au contraire parfaitement intégré que «les sondages sont des outils de compréhension de l'opinion, pas des prévisions de résultats». C'est effectivement la première question qui se pose.
 
Une photographie de l'opinion ou une prévision ? François Miquet-Marty, de LH2 (partenaire de Libération, ndlr), abonde : «Tout le monde a compris la différence entre une photographie à un moment donné de l'opinion et une prévision du résultat final, mais personne n'a envie de lire nos enquêtes d'opinions comme il faut.» Pierre Giacometti partage l'avis de Brice Teinturier. «Le public a paradoxalement beaucoup plus de distance vis-à-vis des sondages que les acteurs politiques et les observateurs. Mais je n'aime pas le terme de photographie, je préfère l'image du film, car une bonne enquête d'opinion, c'est une observation des tendances.»
Stéphane Rozès précise aussi que «les intentions de vote n'indiquent rien quant à l'avenir». Le directeur du département Opinion publique de l'Ifop, Frédéric Dabi, explique très simplement que «les sondages ne sont en rien prédictifs. C'est une erreur de projeter les tendances actuelles, car l'offre électorale du premier tout n'est pas figée. On ne sait même pas si Besancenot, Villiers et même Le Pen seront finalement candidats». Et de rappeler qu' «en mars 2002, on mesurait encore les intentions de vote pour Charles Pasqua». Résultat, pour Frédéric Dabi, il serait fou de prendre les sondages actuels pour argent comptant, car «rien n'est joué. La cristallisation de l'opinion sur les candidats n'étant pas définitive. Environ une personne sur deux reste indécise dans son choix. On ne doit donc pas être surpris des évolutions brusques».

Comment s'expliquent les brusques variations des sondages ?

C'est la deuxième question du moment : comment interpréter les écarts importants enregistrés ces derniers jours, notamment Ségolène Royal, quasiment enterrée il y a huit jours à 45 % selon certains instituts, ressuscitée par d'autres depuis ce week-end grâce à ses 49,5 %.
Pour Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion, «les résultats sont volatils parce que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal attirent, fascinent mais ils suscitent de la perplexité et de l'inquiétude. Selon que l'on met en exergue les inconvénients de l'un ou de l'autre des deux candidats, les résultats bougent rapidement. En 2002 au contraire, Lionel Jospin et Jacques Chirac n'attiraient guère, mais n'effrayaient pas puisqu'ils étaient déjà au pouvoir». Tous les sondeurs rappellent surtout que «leurs marges d'erreur oscillent entre 2 et 3 points...». Ce qui, à l'arrivée, minimise les grands mouvements de balancier.

François Bayrou est-il surévalué ?

Réponse un brin provocatrice de Pierre Giacometti : «Il est au niveau où on le mesure aujourd'hui.» Manière de dire qu'à un certain moment, il y a des tendances qui sont révélatrices des positions des uns et des autres. La question agace aussi Brice Teinturier. «Surévalué par rapport à quoi ? ! ça n'a pas de sens. Il y a aujourd'hui une évolution, une dynamique. Il ne serait pas pour autant rigoureux de faire des projections, à partir des niveaux actuels, sur son score final.» D'autant que, selon Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion, «le taux de certitude du choix en faveur de Bayrou est relativement faible». Ce qui n'est pas le cas pour Jean-Marie Le Pen
Jean-Marie Le Pen est-il sous-évalué ?
C'est la question qui rappelle de mauvais souvenirs aux sondeurs. Même si, comme le dit Pierre Giacometti, la surprise de 2002 n'était pas le score de Le Pen, mais plutôt celui de Jospin. Pour le responsable d'Ipsos, il n'y a d'ailleurs pas de problème Le Pen pour les sondeurs : «Il est plus facile d'évaluer sa dynamique que celle de Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy.»
Pourquoi alors cette question récurrente sur Le Pen ? «Parce qu'on sait que le vote Le Pen est très sous-déclaré», explique François Miquet-Marty. Qui précise : «On s'assure que son poids dans nos enquêtes est conforme à ses résultats lors des élections antérieures.» Pour l'Ifop, «Le Pen reste le candidat le plus difficile à estimer, car, pour les sondés, il est le moins dicible de tous les candidats. On connaissait déjà ce phénomène, mais à une moindre ampleur avec le Parti communiste». Selon un spécialiste, les sondeurs se blinderont dans la dernière ligne droite de la campagne et donneront le patron du FN très stable depuis la présidentielle de 1988, entre 15 et 19 %.

Quelle est la nature des rapports entre sondeurs et politiques ?
«Nous faisons deux types de sondages. Ceux qui sont publiés dans la presse sont quantitatifs. A l'usage des différents candidats, nous réalisons des enquêtes beaucoup plus qualitatives. Mais nous ne les rendons pas publics», explique Frédéric Dabi, directeur du département Opinion publique de l'Ifop. De quoi évoquer les liens incestueux entre sondeurs et politiques ? Pour Miquet-Marty, la question «frise le procès d'intention».

Si personne ne nie les rapports commerciaux entre sondeurs et politiques, si tout le monde sait, par exemple, qu'Ipsos compte comme très gros client l'UMP et le candidat Sarkozy ou que le PS travaille avec la Sofres, «il serait très imprudent pour un institut de tenir compte de ses contrats», insiste le directeur de LH2. «Car si c'était le cas, les instituts prendraient le risque de fermer très rapidement boutique.» Tout simplement parce qu'ils font du business avec bon nombre d'autres clients, et que les sondages politiques sont les vitrines de leur crédibilité.

26.02.2007

Sarkozy et Royal à 50-50, reports massifs Bayrou-Royal selon un sondage LH2

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal seraient à égalité 50-50 au second tour de l'élection présidentielle, selon un sondage LH2 pour RMC, 20 Minutes et BFM TV rendu public lundi, première enquête depuis janvier où Mme Royal revient à hauteur de son concurrent UMP au deuxième tour.

Le précédent sondage LH2 des 16 et 17 février donnait 54% à M. Sarkozy et 46% à Mme Royal.

Le ministre de l'Intérieur avait été donné vainqueur (avec un écart maximal de 55-45) dans les 29 sondages précédents réalisés depuis le 15 janvier, même si l'écart entre les deux principaux concurrents s'était resserré dans les deux enquêtes précédentes.

Selon LH2, Mme Royal gagne 2 points au premier tour à 27%, tandis que M. Sarkozy perd trois points à 30%.

François Bayrou est crédité de 17%, gagnant 3 points sur la précédente enquête LH2, et Jean-Marie Le Pen est stable à 13%.

Olivier Besancenot est crédité de 3,5% (=). Il devance Arlette Laguiller à 2% (=), Marie-George Buffet à 2,5% (-1), José Bové 1,5% (-1), Dominique Voynet 1% (=), Frédéric Nihous 1% (+1) et Philippe de Villiers (1%, -1,5). Nicolas Dupont-Aignan est crédité de 0,5% (+0,5).

Gérard Schivardi et Corinne Lepage sont crédités de 0%.

11% des sondés qui se disent certains d'aller voter n'ont pas exprimé d'intention de vote pour le premier tour et 12% pour le second.

Mme Royal ferait jeu égal avec M. Sarkozy au second tour malgré un total gauche à 37,5% au premier, notamment grâce au report de 62% des électeurs de M. Bayrou sur Mme Royal.

La candidate PS arriverait d'autre part à mieux mobiliser les sympathisants de gauche en sa faveur, 87% affirmant avoir l'intention de voter pour elle le 6 mai, contre 79% la semaine précédente.

Enfin, 12% des électeurs de M. Le Pen se reporteraient sur la députée PS.

Sondage réalisé par téléphone les 23 et 24 février auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible à la commission des sondages.

"Mme Royal a vraiment repris la main", profitant notamment de son émission lundi 19 février sur TF1 et de l'intégration de Lionel Jospin et des "éléphants" du PS dans son équipe présidentielle, a commenté François Miquet-Marty, directeur des études de LH2.

Nicolas Sarkozy pâtit de l'"inquiétude" qu'il suscite "toujours" chez certains électeurs et "peine à aller au-delà de son propre camp", selon M. Miquet-Marty.

François Bayrou "est bien perçu sur la critique du clivage droite-gauche, séduit par son discours sur la dette et progresse aussi sur les difficultés de Nicolas Sarkozy", ajoute-t-il.

M. Bayrou "n'effraie pas du tout", dans une campagne très suivie, "surdéterminée" par le souvenir de 2002, ce qui explique que "les petits candidats de gauche ont du mal".

Quant à Jean-Marie Le Pen, il ne disposerait pas comme en 2002 d'un "réservoir" d'électeurs populaires décidant de voter pour lui au dernier moment.

24.02.2007

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy quasiment à Egalité dans un sondage IFOP

Nicolas Sarkozy, en recul de quatre points, et Ségolène Royal, en hausse de 2,5 points, sont désormais à égalité à 28% d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, selon un sondage Ifop à paraître dans Le Journal du Dimanche.

L'écart se resserre aussi au second tour entre le candidat de l'UMP et la candidate socialiste, crédités respectivement de 50,5% et 49,5%.

Dans la précédente enquête réalisée du 13 au 15 février, Nicolas Sarkozy était donné vainqueur avec 53% des voix contre 47% à Ségolène Royal.

Dans les intentions de vote pour le premier tour, le candidat de l'UDF François Bayrou progresse d'un point à 17%, devant Jean-Marie Le Pen à 11,5% (contre 11% dans la précédente enquête).

Olivier Besancenot recueille 3% d'intentions de vote (-1), Marie-George Buffet 2,5% (+0,5) comme Arlette Laguiller, Philippe de Villiers 2% (-0,5), José Bové 2% (stable), Dominique Voynet 2% (+0,5), Nicolas Dupont-Aignan 1% (+0,5) et Corinne Lepage 0,5% (-0,5).

Le sondage a été réalisé du 22 au 23 février auprès de 966 personnes âgées de 18 ans et plus.

23.02.2007

Les intentions de vote des Nordistes

PRESIDENTIELLE 2007
Sondage exclusif
BVA-Orange-La Voix du Nord

LE CONSTAT : Deux sondages réalisés par l’Institut BVA à quelques jours d’intervalle dans la région mettent en évidence le rebond de Ségolène Royal qui creuse l’écart avec Nicolas Sarkozy et le devance au second tour.
L’EFFET TÉLÉ : Le passage de la candidate socialiste lundi soir sur TF1 prend l’allure d’un tournant dans la campagne. Ségolène
Royal y a réalisé une forte audience et a convaincu une majorité de
sondés.
LA SURPRISE : La deuxième vague du sondage place François Bayrou à un niveau record (18 %). Paradoxe : le « troisième
homme » l’emporterait au second tour dans tous les cas de figure.

 Royal s’affirme, Sarkozy tient, Bayrou perce

À moins de deux mois du premier tour, le vote utile concentre les intentions de vote sur quatre candidats mais derrière le PS et l’UMP, l’UDF devance le FN.

À moins de soixante jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’électorat est encore mouvant, ce qui rend le pronostic hasardeux mais génère une campagne passionnante. L’enquête réalisée en deux vagues par l’Institut BVA dans le Nord - Pas-de-Calais montre que les opinions évoluent rapidement et sensiblement.

 > Ségolène Royal en pole position. – Dans un Nord - Pas-de-Calais où le conseil régional, les deux conseils généraux et les principales villes sont gérés par le PS, il n’est pas étonnant de voir Ségolène Royal arriver en tête. Le vieux bastion rose servira-t-il de réservoir de voix à la candidate socialiste ? Son passage sur TF1 coïncide avec un bonus de deux points.
En atteignant au premier tour la barre symbolique de 30 % dans cette enquête d’opinion, Ségolène Royal bénéficie semble-t-il d’un vote utile et se situe très au-dessus des niveaux atteints dans la région par Lionel Jospin en 2002 et en 1995.
 > Nicolas Sarkozy marque le pas. – Le score régional du candidat de l’UMP (25 %) est en fort retrait par rapport aux résultats qu’il enregistre dans les enquêtes d’opinion réalisées au niveau national. Rien de surprenant donc si dans une terre classée traditionnellement à gauche, l’écart se creuse par rapport à sa rivale socialiste.
Donné vainqueur du second tour face à Ségolène Royal avant l’émission de TF1, Nicolas Sarkozy est devancé de peu quelques jours plus tard dans le choix des sondés du Nord - Pas-de-Calais.

 

 

Quelques éléments sur l'élaboration des sondages

Incapables de déterminer à l'avance le résultat des élections, surpris par la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la dernière présidentielle, les sondages n'en continuent pas moins de rythmer la campagne, fournissant en arguments les commentateurs dans les jours qui suivent chaque grande apparition des principaux candidats.

(...)

Ils rythment la campagne et ils influent beaucoup sur la tonalité des commentaires, alors qu'ils ne sont pas fait pour ça", constate Matthias Guyomar, secrétaire général de la Commission des sondages. Pour Loïc Blondiaux, professeur de sciences politiques à Sciences-Po Lille, les sondages jouent traditionnellement "un rôle majeur" dans la vie politique française.

Echaudés par les critiques, les sondeurs sont pourtant unanimes à appeler à la retenue dans l'interprétation. "A l'heure actuelle, les sondages n'ont aucun caractère prédictif, ils mesurent seulement l'état d'un rapport de force", souligne Emmanuel Rivière, directeur du service politique au sein du département stratégies d'opinion chez TNS-Sofres. Les enquêtes publiées ne sont que des "photographies de l'opinion à un moment donné" et elles ne peuvent rendre compte que partiellement de ce que sera le résultat du scrutin.

La tâche est d'autant plus compliquée que "l'opinion des sondés est de plus en plus volatile" et que ces derniers ont tendance à arrêter leur choix dans les tout derniers moments, ajoute Matthias Guyomar.

Pour autant, les instituts ont peu modifié leur façon de travailler depuis le "fiasco" de 2002. "On essaie de tenir un discours le plus prudent possible", affirme Jean-François Doridot. "Mais on a du mal à être relayés", notamment par les médias, se défend-il.

Ainsi, Ipsos a essayé de publier des fourchettes à la place d'un seul pourcentage, ce qui aurait par exemple mieux mis en évidence la possibilité que Jean-Marie Le Pen puisse devancer Lionel Jospin le 21 avril 2002. Mais ces fourchettes, "trop compliquées pour être reprises par les médias audiovisuels", ont été délaissées.

Pour Emmanuel Rivière, la prudence consiste aussi à éviter de se focaliser sur le 2e tour de la présidentielle, puisque "le 1er tour changera forcément la donne politique". Face à la "demande", la Sofres a en publié, mais "on n'a pas testé qu'une hypothèse, on a testé Jean-Marie Le Pen et François Bayrou au second tour", se félicite-t-il.

"En réalité, pas grand-chose n'a changé dans la manière dont on fait parler les sondages", observe Loïc Blondiaux. Ce chercheur du CNRS regrette en particulier "l'absence de réflexion collective" qui aurait poussé les sondeurs à arrêter tout simplement de publier des questions relatives au second tour.

"L'industrie est très réticente à s'expliquer sur ses techniques de redressement", déplore-t-il également. Les instituts de sondage sont de longue date critiqués pour ne pas dévoiler complètement comment ils "corrigent" les données recueillies, alors même qu'ils vont jusqu'à multiplier par deux certains résultats, comme ceux du Front national.

Les entreprises expliquent pondérer les résultats bruts en fonction des résultats des élections précédentes pour corriger les sous-déclarations liées à certains votes, mais ne dévoilent jamais leurs données brutes, classées "secret industriel".

La Commission des sondages est la seule à avoir accès à l'ensemble des chiffres. Sans en dire plus, elle juge le travail de redressement "globalement correct".

Les instituts soulignent également que leurs études sont globalement confirmées dans les urnes. S'ils ont bien été surpris de l'élimination de Lionel Jospin, le résultat final restait très proche des enquêtes réalisées dans les derniers jours de la campagne de 2002. "Tous les éléments étaient dans nos enquêtes: la percée de l'extrême droite, le bon niveau de l'extrême gauche, le score très faible du PCF et celui historiquement bas de Lionel Jospin", rappelle Emmanuel Rivière.

Voici quelques éléments permettant de comprendre la façon dont les sondages portant sur les intentions de vote sont élaborés:

ECHANTILLON

Pour tenter de reconstituer "l'état de l'opinion" à un moment donné, les instituts de sondage interrogent un échantillon d'électeurs, constitué grâce à la méthode dite des "quotas". Il s'agit de sélectionner les personnes interrogées -généralement près de 1.000- de façon à ce que leurs caractéristiques socio-démographiques (sexe, âge, catégorie professionnelle, lieu de vie...) soient les mêmes que celles de la population française.

CORRECTION DES REPONSES

Les intentions de vote recueillies après un sondage sont très loin de correspondre au vote réel des Français, notamment parce que certains sondés cherchent à dissimuler leurs opinons, en particulier à l'extrême droite. Les instituts procèdent donc à des "redressements" avant de publier leurs résultats.

La plupart du temps, ils demandent, en plus des intention de vote, pour qui les personnes interrogées ont voté lors des dernières élections et corrigent les intentions de vote en fonction de la différence entre les réponses à cette question et les résultats officiels du scrutin. Par exemple, si 8% des sondés affirment avoir voté pour Jean-Marie Le Pen en 2002, alors qu'ils étaient en réalité plus de 16%, l'institut doublera aussi le poids des intentions de vote affichées par ces mêmes personnes: si elles sont 7% à affirmer voter FN, le chiffre "redressé" finalement publié sera de 14%.

Selon Jean-François Doridot, directeur général du département "politique et élections" d'Ipsos, les intentions de vote des électeurs frontistes, les plus corrigées, sont ainsi régulièrement doublées avant publication. Celles attribuées au Parti socialiste sont en revanche minorées de "20% à 30%" au profit des autres formations de gauche. Cette méthode, dont les détails sont gardés secrets par les instituts, soulève évidemment des interrogations et reste imparfaite. "Mais c'est la moins pire", juge Jean-François Doridot.

 

D'après AP 

21.02.2007

Sondage CSA: Ségolène Royal en tête du premier tour et gagne 4 points au second

Au 1er tour, Ségolène Royal arrive en tête, avec 29% (+2), tandis que le candidat de l'UMP perd 5 points à 28%


Aucun autre candidat n'atteint les 5%. Olivier Besancenot est à 2,5% (-0,5), José Bové à 2% (=), comme Marie-George Buffet (=) et Philippe de Villiers (=).
Viennent ensuite deux candidats à 1%: Arlette Laguiller (=), Dominique Voynet (=).
Frédéric Nihous est à 0,5 (-0,5). Nicolas Dupont-Aignan et Corinne Lepage sont également à 0,5%. Gérard Schivardi n'atteint pas cette limite.
27% des sondés (=) affirment avoir l'intention de s'abstenir ou de voter blanc ou nul au premier tour.

Au second tour, Ségolène Royal, selon un sondage CSA pour Le Parisien Aujourd'hui en France et i-Télé rendu public mardi, gagne 4 points par rapport au dernier sondage. Le candidat UMP perd donc 4 points.
Nous en sommes donc à 51% - 49%, soit seulement deux points d'écart contre 10 il y a deux jours...
30% des personnes interrogées (+1) ont l'intention de s'abstenir ou de voter blanc ou nul au deuxième tour.

Sondage réalisé par téléphone le 20 février auprès d'un échantillon national représentatif de 884 personnes âgées de 18 ans et plus inscrites sur les listes électorales (méthode des quotas). Notice détaillée disponible auprès de la Commission des sondages.

Sondage: vainqueur du premier tour Nicolas Sarkozy battrait Ségolène Royal au second, mais pas François Bayrou

Nicolas Sarkozy arriverait en tête du premier tour avec 33% des voix et battrait Ségolène Royal au second tour, avec 52% contre 48%, selon un sondage BVA pour Orange publié mercredi. François Bayrou, crédité de 15% au premier tour, remporterait le second que ce soit contre Royal ou contre Sarkozy.

Ce sondage, dont la marge d'erreur est d'environ plus ou moins trois points de pourcentage, place Nicolas Sarkozy en tête avec 33%, en recul de 2 points. Ségolène Royal arriverait deuxième, avec 26% (-3), devant François Bayrou (15%, +1 point) et Jean-Marie Le Pen (10%, stable). Aucun autre candidat ne dépasse les 4%, atteints par Marie-George Buffet, et 21% des personnes interrogées ne se prononcent pas.

BVA précise que cette enquête a été réalisée "pour l'essentiel avant le passage de Ségolène Royal dans l'émission politique de TF1 'J'ai une question à vous poser'".

Au second tour, Nicolas Sarkozy battrait Ségolène Royal 52%-48%, mais l'écart entre les deux se resserre de deux points.

Si François Bayrou était qualifié au second tour contre Nicolas Sarkozy, le candidat de l'UDF obtiendrait 54% des suffrages, inversant ainsi la tendance de janvier où il n'était crédité que de 49% des voix contre 51% pour le candidat de l'UMP. Dans un duel face à Ségolène Royal, François Bayrou l'emporterait aussi, avec un score de 52%, stable par rapport au mois dernier.

- Sondage réalisé par téléphone les 19 et 20 février auprès d'un échantillon national représentatif de 951 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas. Les intentions de vote ont été établies auprès de 845 personnes inscrites sur les listes électorales, en tenant compte de l'intention d'aller voter, de la certitude du choix et du vote antérieur. AP

12.02.2007

69% des internautes ne croient pas Nicolas Sarkozy lorsqu'il affirme avoir "changé"

Les nouveaux accents " sociaux " du discours de Nicolas Sarkozy ne paraissent pas convaincre les internautes qui se sont exprimés*. Est-ce son coup de barre à gauche ou son hyper-activité ? Toujours est-il que les internautes estiment que Nicolas Sarkozy, dans la phase actuelle de sa campagne, " en fait trop " (58%). Son discours de campagne, qui conjugue mesures d'inspiration libérales (exonération de charges sur les heures supplémentaires, baisse des prélèvements obligatoires), citations de figures de proue de la gauche (Jaurès, Blum) et exaltation des " ouvriers ", laisse les internautes dubitatifs. Ils y voient surtout la marque d'un positionnement opportuniste : ses références à Jaurès et Blum ne sont pas jugées sincères (66%). Sa volonté de " réhabiliter le beau nom de travailleur " leur paraît également manquer de sincérité (55%).

Pour les internautes, en dépit d'un discours attrappe-tout destiné à mordre sur les valeurs de la gauche, les mesures dévoilées par Nicolas Sarkozy sont nettement de droite. 64% estiment par exemple ainsi que les propositions du candidat de l'UMP sur le travail relèvent de la droite. Au total, 69% ne croient pas que Nicolas Sarkozy ait " changé " comme il l'a affirmé le jour de son investiture par les militants de l'UMP.

Tactiquement utile pour rassembler le plus largement possible second tour, l'inflexion sociale du candidat de la droite vient peut-être un peu tôt. A plus de deux mois du premier tour, Nicolas Sarkozy risque d'avoir du mal a convaincre, sur la durée, de la crédibilité de sa mutation.

Pierre Christian

expression-publique.com


*Résultats recueillis auprès d'internautes venus s'exprimer volontairement. Enquête encore en cours et ouverte à tous.

09.02.2007

52% des internautes jugent que Ségolène Royal est victime d'attaques personnelles

Le chœur de critique qui s'est abattu sur Ségolène Royal suite à ses propos sur le Québec ou la Corse a-t-il été contre-productif ? Aux yeux des internautes qui se sont exprimés*, cela a eu pour effet de la transformer en victime, éveillant dès lors potentiellement davantage de sympathie que d'hostilité. A l'heure où Ségolène Royal tente de reprendre la main en lançant, depuis Villepinte, la deuxième séquence de sa campagne, la vision qu'en ont les internautes continuent de porter l'empreinte des attaques dont elle a été l'objet. Ils jugent, à 62%, la candidate socialiste " sur la défensive ". A comparer avec l'impression donnée par Nicolas Sarkozy d'une campagne " offensive " (60%). Les rôles sont ainsi bien répartis : aux yeux du public, c'est Nicolas Sarkozy qui distille les attaques personnelles (45%) et Ségolène Royal qui en est la victime (52%).

La victimisation d'un candidat peut avoir des effets importants dans une campagne. Si elle a l'impression d'une attaque injustifiée, l'opinion peut se sentir en sympathie avec le candidat stigmatisé et rejeter le camp d'où partent les (mauvais) coups. A ce titre, la " war room " constituée par l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy pour épier et pilonner les faux pas de la candidate socialiste fait craindre des dérives à l'américaine : 52% estiment que sa création est " une mauvaise chose ", qui rabaisse le débat, contre 38% qui estiment que c'est " une bonne chose ".

Mais pour que Ségolène Royal recueille les bénéfices de la posture victimaire, encore faudrait-il qu'elle soit porteuse de vraies propositions. Or, pour l'instant, elle semble concentrer sa campagne davantage sur la critique des propositions de ses adversaires que sur la présentation de son propre programme. A ce titre, 54% des internautes estiment qu'elle ne contribue pas à la qualité du débat. Interrogés avant son discours-programme du 11 février, il faudra voir si par la suite les internautes ont été convaincus du contraire.

Débats de Royal appréciés, campagne Sarkozy préféré

08/02/2007   19h13 Les Français ont une vision plutôt positive des "débats participatifs" voulue par Ségolène Royal. Alors que la candidate PS doit présenter dimanche les grandes orientations de son programme, 52% estiment que c'est "une méthode efficace pour élaborer un programme", 40% pensant le contraire. En revanche, 37% "préfèrent la façon dont Nicolas Sarkozy mène sa campagne", contre 28% celle de sa rival (58% des sympathisants socialistes), 12% "aucune des deux". 61% se disent "très" ou "assez" intéressés par la campagne, 39% "peu" ou "pas du tout".

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