27.01.2007
La question fiscale perturbe l'électorat de Ségolène Royal
PARIS (Reuters) - A moins de 100 jours de l'élection présidentielle et après l'investiture de Nicolas Sarkozy par l'UMP, les enquêtes indiquent un fléchissement des intentions de vote en faveur de Ségolène Royal.
Le sondage CSA publié par Le Parisien le 18 janvier montrait une baisse de cinq points en deux semaines des intentions de vote en faveur de la candidate soutenue par le Parti socialiste.
Cette baisse ne profitait toutefois pas, au premier tour, à Nicolas Sarkozy, celui-ci subissant pour sa part un effritement de deux points de son électorat.
Comment qualifier et expliquer ce " trou d'air " ? Il n'existe pas en politique, comme souvent par ailleurs, un phénomène explicatif unique.
Et la conjoncture au cours de laquelle survient cette baisse nous fournit plusieurs "évènements" : congrès de l'UMP, voyages de Ségolène Royal à l'étranger, débat entre la candidate désignée par le Parti Socialiste et le premier Secrétaire de cette même formation… Privilégions ce dernier événement.
La force de Ségolène Royal, les raisons de sa popularité ainsi que la confiance que lui accordaient une majorité de Français tenaient pour une grande part au lien direct - presque intime - qu'elle entretenait avec les citoyens.
Elle est perçue comme une personnalité n'ayant pas construit un parcours politique - une carrière - mais comme une individualité ayant tout au long de sa vie porté et défendu un certain nombre de valeurs qui lui sont chères. Et les Français se sont approprié cette image de Ségolène Royal sans l'intermédiation d'une formation politique, en l'espèce le Parti socialiste.
Si elle ne développait pas de projet arrêté et n'avançait pas - ou moins que d'autres - de propositions concrètes, telle n'était pas sans doute l'attente des Français, à tout le moins, des électeurs potentiels à son égard.
Le tempo, consultation - restitution - proposition, apparaissait compris et apprécié de sa base électorale. Et ceci d'autant plus qu'elle laissait entrevoir une vision de la France et de la société française : apaisée, rassemblée, visant à une certaine justice sociale et économique.
Son intervention sur les impôts a probablement perturbé une partie de son électorat et ce à double titre : d'une part une majorité des Français et de son électorat soutiennent la mesure proposée par François Hollande (respectivement 57% et 68%, sondage CSA/France Europe Express/France Info des 17 et 18 janvier), d'autre part elle a quitté la posture et le rythme qu'elle s'était imposée.
En prenant une telle position elle est entrée en débat avec le Parti socialiste en semblant exclure les Français de la décision.
L'impôt est perçu comme un instrument au service d'une politique. Son taux, son utilité sont interrogés : Comment faire pour qu'il ne soit pas dissuasif ? Comment procéder pour qu'il soit le plus efficace ? Permet-il d'assurer une bonne redistribution des richesses ? Assure-t-il au final à l'Etat les moyens de mener à bien ses missions ? Autant de questions n'ayant pas trouvé de réponses.
En clôturant le débat, Ségolène Royal a procédé à une inversion du calendrier : elle a pris position sur une modalité et non sur la finalité de son projet. Elle a ainsi déstabilisé une partie de son électorat au premier rang desquels les catégories populaires, les moins diplômés et les jeunes. Déstabilisation ne signifiant pas inévitablement décrochage.
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