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06.12.2006
Sondages : Royal et Sarkozy stables à un niveau élevé, Le Pen à son plus haut
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy restent tous deux à un niveau élevé d'environ 30% d'intentions de vote au premier tour, aucun ne se détachant vraiment pour le second tour, dans les enquêtes d'opinion publiées depuis l'automne, tandis que Jean-Marie Le Pen est à son plus haut.
Les chiffres pour le premier tour sont particulièrement élevés. Lors des deux derniers scrutins présidentiels, aucun des candidats principaux n'a atteint 25% des voix au 1er tour. Il faut remonter à 1988, avec François Mitterrand à 34,11% au 1er tour, pour retrouver un niveau similaire.Par comparaison, fin novembre 2001, l'Ifop donnait Jacques Chirac à 26% et Lionel Jospin à 22%.
"A ce stade, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy captent fortement dans leurs camps respectifs, mais l'offre n'est pas encore stabilisée", souligne Frédéric Dabi (IFOP).Aux yeux de l'opinion, ils sont incontestablement les favoris du scrutin : 59% pensent qu'ils seront présents au second tour, selon BVA.
Au cas, où ils seraient tous deux au second tour, aucun ne semble vraiment s'imposer. La dernière étude d'Ipsos donne M. Sarkozy vainqueur 51%, tandis que l'Ifop donnent les deux candidats à 50-50, Sofres et CSA donnant un léger avantage à la candidate socialiste: 51% contre 49%.
Le seul candidat qui paraît en mesure de troubler un peu le jeu est Jean-Marie Le Pen. A cinq mois de l'élection, tous les instituts le situent entre 10% et 15% d'intentions de vote: un niveau qu'il n'avait jamais atteint à cette période lors des précédentes consultations.
Selon une enquête CSA, fin novembre il recueillait même 17% (9% en novembre 2001, selon le même institut), plus que le score qui lui avait ouvert les portes du deuxième tour en 2002 (16,88%).Dans l'hypothèse où le leader frontiste ne serait pas candidat, faute d'avoir obtenu 500 parrainages, ses voix se répartiraient principalement sur M. Sarkozy (+ 8 points) et Mme Royal (+5 points), mais aussi sur Philippe de Villiers (+3) et Arlette Laguiller (+1).
Affichant sa volonté d'incarner une "autre voie" entre UMP et PS, le président de l'UDF François Bayrou ne parvient toujours pas à décoller. Malgré un frémissement en octobre (12%, Ifop) son étiage moyen reste en deçà des 10%. A peine mieux que son score de 2002 (6,84%).
L'autre enseignement des sondages est le maintien d'une gauche radicale à 10-12%, malgré son éclatement, avec Arlette Laguiller plutôt en deçà de ses scores antérieurs (entre 2 et 4%), devancée par Olivier Besancenot (entre 4 et 5%). La responsable du PCF, Marie-George Buffet, reste scotchée à 3% en moyenne.
Dominique Voynet fait aussi du surplace, à 2-3%. Situation paradoxale pour la représentante des Verts alors que les Français n'ont jamais été aussi préoccupés par l'environnement, et qu'une candidature de Nicolas Hulot aurait un impact bien plus élevé (10%, selon un sondage Ipsos du 15 novembre).
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